Introduction
Les règles du plan d’épargne retraite continuent de s’imposer comme un outil majeur de préparation de la retraite et d’optimisation patrimoniale. Lancé pour simplifier et unifier les anciens dispositifs d’épargne retraite, le PER s’est progressivement installé comme une solution de long terme attractive pour les particuliers, les indépendants et les dirigeants. Le cadre officiel rappelle qu’il remplace progressivement les anciens produits tels que le PERP, le contrat Madelin, le Perco ou encore l’article 83, et qu’il existe aujourd’hui sous trois formes : le PER individuel, le PER d’entreprise collectif et le PER d’entreprise obligatoire.
Un marché du PER toujours plus solide
Les derniers chiffres publiés par France Assureurs confirment une forte montée en puissance du PER assurantiel. Sur l’ensemble de l’année 2025, les versements ont atteint 20,2 milliards d’euros, soit une progression de 16 % par rapport à 2024. Dans le même temps, la collecte nette s’est établie à 11,0 milliards d’euros, en hausse de 1,2 milliard d’euros sur un an. Sur le seul mois de décembre 2025, les versements sur les PER assurantiels ont représenté 3,1 milliards d’euros, pour 137 900 nouveaux PER souscrits.
Cette dynamique se reflète aussi dans le nombre de détenteurs et dans les encours. À fin décembre 2025, les PER assurantiels représentaient 7,9 millions d’assurés, soit 1 million de plus qu’un an auparavant, pour un encours de 111,9 milliards d’euros. Plus largement, à fin juin 2025, 12,4 millions de personnes détenaient un PER en France, pour un encours total de 136,1 milliards d’euros ; les entreprises d’assurance représentaient alors 75 % de cet encours. Autrement dit, le PER assurantiel reste aujourd’hui la forme dominante du marché.
Ces chiffres traduisent un point essentiel : le PER n’est plus un produit “de niche”. Il s’inscrit désormais dans les réflexes patrimoniaux de nombreux épargnants, en particulier lorsqu’il s’agit de préparer la retraite tout en recherchant un levier de déduction fiscale pendant la phase d’épargne. Cette progression confirme aussi que l’épargne longue conserve une forte attractivité dans un environnement où la préparation de la retraite reste un sujet central pour de nombreux ménages. Cette lecture est une déduction à partir des données de souscriptions, de collecte et d’encours publiées par France Assureurs.
20,2 Md€
+16 %


Ce que rappelle le cadre officiel du PER
Le site Service Public rappelle que le PER individuel est un produit d’épargne à long terme, accessible à toute personne majeure, quelle que soit sa situation professionnelle. Depuis le 1er janvier 2024, il faut avoir 18 ans pour en ouvrir un. Le PER individuel peut prendre la forme d’un PER d’investissement (compte-titres) ou d’un PER d’assurance. Il permet, au moment de la retraite, de récupérer l’épargne sous forme de capital, de rente, ou d’un mélange des deux, avec des cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation, notamment pour l’acquisition de la résidence principale ou certains accidents de la vie.
Déduction fiscale : ce qu’il faut retenir pour 2026
Sur le plan fiscal, l’un des grands intérêts du PER reste la possibilité, dans de nombreux cas, de déduire les versements volontaires du revenu imposable. Pour les cotisations versées en 2026, Service Public indique que le plafond de déduction correspond au plus élevé entre 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 37 680 €, et 4 710 € si ce montant est plus favorable. Ce plafond est ensuite réduit de certains éléments déjà exonérés ou déduits, comme certaines cotisations obligatoires d’entreprise ou certains abondements employeur.
Autre point pratique important : le plafond personnalisé applicable aux versements 2026 sera indiqué sur l’avis d’impôt 2026, calculé sur les revenus 2025. Service Public précise également qu’à compter de 2026, la logique de report évolue : la part non utilisée du plafond 2026 et des années suivantes pourra être reportée sur 5 ans, tandis que les reliquats des années 2024 et 2025 restent soumis à une règle transitoire plus courte, avec une utilisation possible seulement jusqu’en 2027 pour 2024 et jusqu’en 2028 pour 2025. C’est un point technique, mais très important dans une stratégie d’optimisation.
Service Public signale aussi une autre évolution pratique : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER individuel après 70 ans restent possibles, mais ne sont plus déductibles. Là encore, cela ne remet pas en cause l’intérêt patrimonial du PER dans certains cas, mais cela change l’arbitrage fiscal pour les épargnants concernés.

Prélèvements sociaux : un sujet à suivre de près
L’actualité 2026 du PER ne se limite pas à la seule question du plafond de déduction. La page Service Public consacrée au PER, vérifiée le 20 février 2026, attire l’attention sur de nouvelles règles concernant les prélèvements sociaux sur les revenus financiers de 2025 et 2026. Elle précise cependant que son contenu sera mis à jour lorsque les règles applicables auront été précisées par l’administration fiscale. En parallèle, l’article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit une application à compter de l’imposition des revenus de 2025 pour certaines contributions et à compter du 1er janvier 2026 pour d’autres. À ce stade, le bon réflexe consiste donc à rester prudent : le sujet est bien réel sur le plan légal, mais ses effets pratiques doivent encore être consolidés par les commentaires administratifs.
Des règles à bien comprendre pour utiliser le PER de façon optimale
Dans ce contexte, la question des règles devient centrale pour tout épargnant qui souhaite utiliser le PER de manière efficace. Une règle mal comprise peut réduire l’intérêt fiscal du dispositif, tandis qu’une règle bien maîtrisée peut au contraire renforcer la cohérence de la stratégie patrimoniale. Il ne suffit donc pas de connaître l’existence du PER : il faut aussi comprendre les règles de déduction, les règles de report, les règles applicables selon l’âge du titulaire, ainsi que les règles liées aux modalités de sortie. En 2026, cette lecture des règles est d’autant plus importante que certaines évolutions pratiques imposent davantage de rigueur dans les arbitrages.
L’enjeu est aussi de ne pas considérer chaque règle séparément. En pratique, une règle fiscale interagit souvent avec une autre règle patrimoniale, une règle sociale ou une règle de gestion de long terme. Par exemple, la règle du plafond disponible ne peut pas être analysée sans tenir compte de la règle de report des années antérieures, ni de la règle applicable aux versements après 70 ans. De la même manière, la future clarification des règles sur les prélèvements sociaux devra être suivie avec attention, car une nouvelle règle peut modifier l’intérêt concret d’un versement ou d’un mode de sortie. Pour cette raison, le PER reste un outil puissant, mais un outil dont la pleine efficacité repose sur une bonne compréhension des règles.
Ce que cela signifie pour les épargnants en 2026
Pour les particuliers, les dirigeants et les indépendants, la séquence actuelle est claire : le PER reste un outil patrimonial puissant, mais il doit être utilisé avec méthode. Les chiffres 2025 montrent que le marché continue de croître fortement. En 2026, l’enjeu n’est donc pas seulement de “souscrire un PER”, mais de vérifier si le niveau de versement est cohérent avec le revenu, avec le plafond disponible, avec les autres dispositifs retraite éventuellement déjà en place, et avec les objectifs de sortie à long terme. Cette conclusion procède d’une analyse patrimoniale fondée sur les règles officielles de déduction et sur la dynamique de marché observée.
Dans ce contexte, l’accompagnement prend toute sa valeur. Entre le choix du bon support, l’arbitrage entre versements déductibles ou non déductibles, la lecture du plafond fiscal, les règles transitoires de report, et les évolutions en cours sur les prélèvements sociaux, une approche personnalisée permet d’éviter les décisions prises trop vite. Le PER reste un excellent outil, à condition d’être intégré dans une stratégie patrimoniale globale.
En 2026, le vrai enjeu n’est pas seulement d’ouvrir un PER, mais de l’utiliser au bon moment, avec le bon montant, selon votre situation fiscale.


Conclusion
Le PER confirme en 2025 son statut de pilier de l’épargne longue en France. Avec 20,2 milliards d’euros de versements, 11 milliards d’euros de collecte nette et un nombre de détenteurs toujours plus important, il s’impose durablement dans les stratégies patrimoniales. En 2026, l’actualité porte surtout sur l’optimisation fiscale des versements, les nouvelles règles de report des plafonds et la vigilance à conserver sur les prélèvements sociaux en attente de précisions administratives. Pour les épargnants, le sujet n’est donc pas seulement de profiter d’un avantage fiscal, mais de construire une stratégie retraite cohérente, lisible et adaptée à leur situation.

