Assurance : cyber, climat et résilience au cœur de 2026

En 2026, l’assurance fait face à de nouveaux risques majeurs, entre cybersécurité, dépendance aux prestataires IT, pression climatique et transformation digitale. Ces évolutions renforcent les exigences de résilience, de conformité et de maîtrise des données.

Introduction

En 2026, le secteur de l’assurance évolue dans un environnement de risque profondément transformé. L’ACPR place au premier plan la gestion des incidents TIC, les cadres de gestion du risque informatique et la conformité des contrats conclus avec les prestataires IT. Dans le même temps, le risque cyber reste très concret, le climat continue de faire émerger la question de l’inassurabilité, et la transformation digitale renforce les enjeux liés à la donnée, à l’IA et à la résilience opérationnelle.

Un secteur confronté à une nouvelle génération de risques

Le paysage assurantiel ne se résume plus à des enjeux techniques classiques de solvabilité ou de tarification. En 2026, les grands sujets du secteur sont aussi technologiques, opérationnels et climatiques. L’ACPR souligne que le système financier doit faire face à la fois à l’accélération de la transition numérique, aux risques IT et cyber, à la qualité des données, mais aussi au risque d’inassurabilité lié au changement climatique.

Cette évolution traduit un déplacement du centre de gravité du risque. Pour les assureurs, la robustesse ne dépend plus seulement de la qualité des produits ou de la couverture des sinistres, mais aussi de la capacité à absorber un incident informatique, à maîtriser l’externalisation, à exploiter des données fiables et à adapter les modèles au dérèglement climatique. Cette dernière phrase est une lecture d’ensemble fondée sur les priorités 2026 de l’ACPR et sur la cartographie prospective 2026 de France Assureurs.

DORA place la résilience opérationnelle au premier plan

L’un des marqueurs forts de 2026 est la montée en puissance du cadre DORA. Dans son programme de travail 2026, l’ACPR précise qu’elle va intensifier le suivi des risques opérationnels, notamment IT et cyber, ainsi que des risques liés à l’externalisation. Elle identifie trois priorités de contrôle pour l’année : la gestion des incidents, la mise en place des cadres de gestion du risque TIC et la conformité des contrats des entités financières avec leurs prestataires informatiques. Elle annonce également des contrôles sur place ciblés et une attention particulière portée aux tests d’intrusion.

Cette orientation confirme que la résilience opérationnelle est désormais un sujet de supervision central. Le fonctionnement des systèmes d’information, la qualité de la gouvernance IT et la maîtrise des dépendances vis-à-vis des prestataires deviennent des éléments structurants de la solidité d’un acteur de l’assurance. Cette conclusion relève d’une interprétation prudente des priorités explicitement formulées par l’ACPR.

49 %
Assureurs touchés en 2025.
95 %
Placements couverts par la cartographie 2026.
105 %
Hausse possible de la sinistralité d’ici 2050.

Le risque cyber reste très concret pour les assureurs

Le cyber n’est plus seulement une menace théorique. Dans son webinaire DORA de janvier 2026, l’ACPR indique que 49 % des assureurs déclaraient qu’au moins une cyberattaque, y compris visant des prestataires de services externalisés, les avait impactés en 2025. Le même document montre aussi que les travaux restant à mener concernent notamment la revue des contrats d’externalisation, le renforcement du cadre de gestion des risques, la collecte de données pour le registre d’informations et l’amélioration des dispositifs de détection et de gestion des incidents.

Autrement dit, le sujet cyber ne porte pas seulement sur la sécurité technique des systèmes. Il touche aussi à l’organisation interne, à la qualité de la cartographie des dépendances, aux processus de remontée d’incidents et à la relation avec les fournisseurs technologiques. Là encore, la transformation digitale accroît à la fois les capacités du secteur et ses points de vulnérabilité. Cette dernière phrase est une analyse fondée sur les résultats du questionnaire DORA et les priorités de supervision associées.

assurance

La donnée et l’IA prennent une place stratégique

La donnée devient elle aussi un enjeu de supervision à part entière. L’ACPR indique qu’en 2026, elle veillera à ce que les établissements intensifient leurs efforts pour renforcer la qualité de leurs données. Dans le cadre DORA, elle rappelle également que la collecte 2026 des registres d’informations doit permettre d’améliorer la qualité des données transmises, notamment pour mieux identifier les dépendances technologiques et les prestataires critiques.

Du côté de France Assureurs, la transformation digitale apparaît aussi dans la cartographie prospective 2026. Le document montre que les entreprises d’assurance ont poursuivi en 2025 le déploiement d’outils d’intelligence artificielle, comme les agents virtuels ou les outils d’aide à la relation client. Il souligne en parallèle que l’IA reste à la fois une opportunité opérationnelle immédiate et un risque structurant à plus long terme.

Le climat fait émerger le risque d’inassurabilité

Le climat reste l’autre grand sujet structurant. Dans son programme de travail 2026, l’ACPR mentionne explicitement le risque d’inassurabilité — ou protection gap — lié au changement climatique. France Assureurs rejoint cette lecture dans sa cartographie prospective 2026, en indiquant que le dérèglement climatique devient la préoccupation centrale à long terme et que le risque d’inassurabilité apparaît comme un enjeu émergent, lié à la difficulté croissante à assurer certains périls face à l’ampleur des coûts.

Les travaux climatiques de l’ACPR donnent un éclairage concret à cette inquiétude. Dans les résultats de son exercice climatique sur le secteur de l’assurance, l’Autorité indique qu’à l’horizon 2050, la sinistralité totale pourrait augmenter de 105 % dans un scénario adverse de transition désordonnée par rapport à 2022, avec de fortes disparités géographiques selon les aléas comme la sécheresse, la submersion ou les inondations.

Ces données rappellent que le changement climatique ne constitue pas seulement un enjeu environnemental ou réputationnel. Il touche directement la capacité future à assurer certains risques, à maintenir des conditions de couverture acceptables et à préserver l’équilibre économique du secteur. Cette phrase est une lecture patrimoniale et sectorielle fondée sur les publications de l’ACPR et de France Assureurs.

Une cartographie sectorielle qui confirme la montée des tensions

France Assureurs a publié en janvier 2026 sa Cartographie prospective 2026 à partir des réponses de 186 experts du risque issus de 35 entreprises, représentant 95 % des placements des assureurs français. Cette cartographie montre que les cyberattaques restent le premier risque pour le secteur pour la neuvième année consécutive, devant l’environnement économique, tandis que le dérèglement climatique occupe la troisième place à court et moyen terme et devient central à long terme.

Le document met aussi en évidence une hiérarchie des menaces qui se resserre autour de trois grands pôles : la technologie, l’économie et le climat. Cela confirme que les enjeux 2026 ne doivent pas être lus séparément. Cyber, donnée, IA, dépendance aux prestataires, dérèglement climatique et inassurabilité font désormais partie d’un même écosystème de risques. Cette conclusion est une synthèse interprétative appuyée sur la cartographie 2026 de France Assureurs.

Ce que cela signifie pour les acteurs et pour les assurés

Pour les professionnels du secteur, le message est clair : la conformité ne suffit plus si elle n’est pas accompagnée d’une vraie capacité opérationnelle. Les exigences DORA, la gestion des incidents, la qualité des données, la supervision des contrats IT et l’adaptation au climat deviennent des sujets de gouvernance aussi importants que les indicateurs financiers traditionnels.

Pour les assurés et les clients patrimoniaux, cette évolution a aussi des effets concrets. Elle peut influencer la qualité du service, la continuité des opérations, la sécurité des données, les conditions de couverture, voire à terme l’assurabilité de certains biens ou de certains risques. La solidité d’un assureur se lit donc de plus en plus aussi dans sa capacité à gérer ses vulnérabilités technologiques et climatiques. Cette dernière phrase est une interprétation cohérente au regard des risques identifiés par l’ACPR et France Assureurs.

En assurance, la vraie robustesse ne se mesure plus seulement en solvabilité, mais aussi en résilience numérique, en qualité de la donnée et en capacité d’adaptation au climat.

Conclusion

L’année 2026 marque un tournant pour le secteur de l’assurance. La gestion des incidents TIC, la robustesse des cadres de risque informatique, la conformité des contrats avec les prestataires IT, la qualité des données, la pression cyber et la montée du risque climatique forment désormais un ensemble cohérent de priorités. Avec 49 % des assureurs déclarant avoir subi au moins une cyberattaque en 2025, une cartographie sectorielle couvrant 95 % des placements des assureurs français et des projections climatiques pouvant conduire à une hausse de 105 % de la sinistralité dans un scénario adverse, la transformation du secteur n’est plus à venir : elle est déjà en cours.

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